mardi 22 mars 2011
Un autre modèle ?
A Cuba, le sport est une institution et la population paraît plus en forme qu'ailleurs: pas d'obésité massive, les longues marches à pied ou à vélo maintiennent les gens en bonne santé. Pas de publicité dfans les rues, très peu de voitures (uniquement des modèles américains des années 50, des magasins d'état à profusion mais vides des objets habituels de notre société de consommation. des dizaines de milliers de chevaux, d'attelages transportant les personnes au travail, à l'école.
Des autoroutes à 8 voies vides comme au temps béni de la DDR et de l'URSS.
Si tout n'est pas rose, loin s'en faut, l'absence de consommation de masse laisse songeur.
Certains pans de l'économie semblent moribonds, d'autres plus dynamiques.
Il faut avoir vécu l'expérience inédite de la patience dans les files pour déguster un crème glacée à la banane dans ce qui ressemble à un hall de gare carrelé à la Soviétique.
Ce n'est pas le temps de la bougie ni celui d'une croissance et consommation raisonnée mais nous y avons trouvé quelque chose d'apaisant et d'interpellant.
Cuba libre (?), nous arrivons...
Notre arrivée à Cuba se matérialise en fait par notre entrée en rade de Cienfuegos, l'une des plus grandes des Caraibes. En toute illégalité, nous avons passé trois semaines de rêve dans les Jardins de la Reine puisque nous n'avons accompli aucune des nombreuses et légendaires formalités requises.
Arrivée nocturne à Cienfuegos où nous décidons de jeter l'ancre plutôt que de répondre aux nombreux messages vocaux et lumineux envoyés par la Marina. Nous avons surtout envie de dormir.
Le lendemain, les formalités sont expédiées en une matinée et autant de papier gaspillé. C'est à peine pire qu'en Jamaïque: le catamaran n'a pas été fouillé, nous n'avons eu droit à la visite à bord que d'un médecin cubain pour les formalités sanitaires et, globalement, nous avons fait l'objet d'un traitement plutôt amical et bien coordonné par le responsable de la Marina Marlin.
Du bateau au mouillage, nous avons sous les yeux quelques beaux exemples d'architecture coloniale.
Nous décidons Emmanuelle et moi de passer la soirée au très chic restaurant du club nautique auquel nous nous rendons en annexe (notre dinghy pneumatique équipé d'un vaillant moteur Tohatsu de 9.8 CV). Plus tard, j'utilise à nouveau la même annexe pour tenter de recevoir Internet dans un hôtel proche.
Malheureux !!
Arraisonné par les gardes côtes à la nuit tombée qui, sans coup férir (et sans me demander mon avis), ont envahi le carré de Kakao avec leur grosses chaussures.
J'avais transgressé une règle cubaine intangible, j'avais été dénoncé, procès-verbal m'a été dressé: interdiction totale d'utiliser son annexe pour un trajet autre que celui contractuellement autorisé vers la Marina.
La liberté de déplacement n'existe pas; je n'aime pas cela et l'on m'affirme qu'il s'agit de 'regulationes' à respecter impérativement sous peine d'amende.
Au fur et à mesure de notre séjour, les côtés mesquins et envahissants de la dictature se multiplieront en même temps que le ras le bol d'une partie de la population se manifeste... très discrètement.
La répression sévirait et un maillage serré visant la surveillance et la délation est mis en place.
Si les droits de l'homme ne sont pas solubles, ce que nous avons pu observer en matière de liberté individuelle est inacceptable, injuste et relativement incompréhensible.
Quelle dommage d'avoir sacrifié la révolution socialiste, laboratoire d'économie sociale cubaine, plein d'idées innovantes en matière d'équité, de redistribution, de coopération, par la mise en œuvre d'un régime bureaucratique jusqu'à l'absurde, policier dans son quotidien, paranoïaque jusque dans l'intimité des personnes. Cela sent la poussière, c'est vieilli et décevant. C'est inexcusable malgré l'embargo américain. Les Cubains disent d'eux-mêmes qu'ils sont des moutons qui bêlent sans fin (et sans espoir).
Les exemples Tunisiens et égyptiens devraient les inspirer, mais les comités de sauvegardent de la révolution veillent...
Après le Vénézuela, à la découverte de Cuba
Notre découverte des régimes ultragauchistes se poursuit dans les Caraibes.
Au delà de tous les archétypes, nous voulions sentir Cuba de l'intérieur.
Largement absents dans nos médias, Cuba et le Vénézuela ont entrepris des accords de coopération bilatéraux basés apparemment sur des échanges équitables, en fonction des besoins des uns et des autres.
Car en effet, la médecine cubaine (les conseillers cubains aussi d'ailleurs) entretient le mythe ou la réalité, c'est selon, d'une alternative socialiste efficace et aboutie.
Nous verrons...
Le temps des bateaux copains
Les Jardins de la Reine sont le terrain de jeu rêvé pour partager avec les bateaux amis des moments inoubliables. La présence tribus Dun'B et Talabao avec qui nous naviguons et voyageons de concert depuis le Vénézuela (4 mois déjà), constitue un prétexte idéal pour des opérations de chasse sous-marine à la recherche des plus belles langoustes et mérous, d'interminables apéros arrosés de Ti punch,
agrémentés de pizzas et houmous de thon réalisés par Sylvie, de pain de Barracuda agrémenté par Anne.
La meilleure recette de Ti punch est jalousement gardée par Richard qui conserve secrètement les doses requises dans des flacons cachés au fond des soutes de Dun'B. Pendant ce temps, les enfants se retrouvent entre eux par affinités d'âge: Eloé, Léo, Antoine, Zoé, Joséphine et Titouan.
Les bateaux copains, c'est aussi la solidarité des marions quand on est confronté à un problème technique insoluble (ce qui se produit souvent pour moi). Chacun amène ses compétences, et les échanges de savoir battent leur plein.
Kakao se spécialisant davantage dans des actions massives de maintenance informatique et de médecine de guerre.
Nous nous séparons avec regret à Cienfuegos après une dernière soirée mémorable.
Dun'B remontera ensuite vers les Bahamas avant un dernier saut (une transat quand même) pour leur retour à Millau.
Talabao continue son chemin vers Panama, la traversée du Pacifique et les Marquises.
Des retrouvailles seront envisagées avec Dun'B afin de finaliser nos échanges gastronomiques, non loin de chez eux, chez le meilleur artisan de France actuellement, l'excellente maison de Michel Bras.
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