vendredi 14 janvier 2011

Les cuisinières cuisinent au feu de bois au milieu des poules et du chat, les murs sont noirs de suie et l’air saturé de Co2. De nouvelles cuisinières au gaz offertes par l’aide internationale sont entreposées dans ce qui sera la future cuisine et ne demande qu’à fonctionner. La résistance au changement est forte et le passage du bois au gaz difficile à envisager pour le personnel.
La lessive se fait à la main au lavoir qui se trouve sur le même site. La pompe à eau reliée au puit est cassée, dès lors l’eau utilisée est celle récoltée par les toits lorsqu’il pleut. Ce qui constitue une difficulté supplémentaire en saison sèche. Une machine à laver ingénieuse actionnée par un pédalo a été abandonnée au profit du lavage manuel, certes efficace, mais plus consommateur en eau.
Sur le plan sanitaire, Sœur Flora soigne plusieurs fois par semaine, tous les habitants qui se présentent au dispensaire. Les cas les plus graves ou les plus urgents sont transférés à Cailles à Haïti, ville la plus proche à 1H en bateau rapide de l’île à Vache.
En ce moment d’épidémie du choléra, on lui apporte des petits bébés dont les mamans sont contaminées.

L’orphelinat vient en renfort logistique du centre médical d’urgence de MSF Espagne. De manière générale, Sœur Flora vaccine les enfants, soigne les plaies et administre des traitements.
 
 

L’école financée par l’orphelinat accueille quotidiennement 300 élèves (section maternelle et primaire). La matinée se clôture par un dîner, ce qui représente un incitant à la scolarisation.
De nouveaux bâtiments ont été érigés par l’aide internationale américaine. Malheureusement, les toits ont été construits en béton et se sont fissurés lors du tremblement de terre il y a un an. Plusieurs classes sont à l’abandon attendant une réparation à ce jour non planifiée.
 
 
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Rencontre avec Sœur Flora à l’orphelinat

Sœur Flora, infirmière canadienne de l’ordre de Saint François d’Assise, âgée aujourd’hui de 70 ans, préside depuis 32 ans à la destinée et au développement de l’orphelinat et de l’île à Vache en général.
Dès la première rencontre, quelque chose se passe. L’énergie et la force dégagées par Sœur Flora Blanchette s’imposent d’emblée. Ce flot, ce jusant, cette marée d’amour sont quasiment palpables physiquement tant sa foi en l’homme et en Dieu est puissante.
Tout en elle révèle l’être d’exception, quasiment transcendée, puisant ses ressources dans un amour infini, malgré la misère, la maladie, la crasse ou les défauts des hommes ordinaires : la cupidité, le vol, la paresse.
 
Totalement indifférente aux choses terrestres pour ce qui la concerne (elle dort par terre depuis 30 ans, dans son bureau, pour être plus proche des enfants), ce qu’elle irradie vers nous m’a beaucoup troublé et nous interroge fortement sur nos valeurs, le sens que nous donnons à notre existence, les engagements que nous privilégions ou non.
Son investissement, nullement contemplatif, est ancré dans l’action et dans une volonté agissante d’aider son prochain. Infirmière de formation, elle n’a de cesse de recevoir en consultation, soigner, écouter, donner aux enfants, aux habitants de l’île à Vache.
A l’écouter et à la regarder se démener, des images viennent se superposer : Sœur Emmanuelle, l’Abbé Pierre, …
Si la sainteté existe, c’est bien ici qu’elle se trouve et non dans le giron des draperies et des dorures d’une Eglise qui a parfois oublié le sens de sa propre existence.

 
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Déchargement et acheminement des médicaments, matériel d’hygiène et nourriture à l’orphelinat.

Après 3 jours de traversée, nous mouillons face au village de Caille Coq. A peine arrivés, nous rencontrons par hasard en baleinière , Marlène, la bénévole française de l’orphelinat accompagnée de 6 personnes. Ce bateau à moteur puissant de 115CV permet de rejoindre la ville de Cailles à Haïti. On hésite à décharger le matériel immédiatement ou attendre les 2 autres bateaux (D’Un B et Talabao) qui arriveront quelques jours plus tard.
En raison de la nature du chargement pour pallier l’urgence (lait en poudre pour bébé, langes, perfusions de Ringer lactate et solutions ORS pour soigner le choléra), la première option sera retenue. Marlène et ses hommes embarquent la cargaison de KAKAO.
Nous apprendrons le lendemain qu’une dizaine de boîtes de lait de bébé et de langes ont été dérobés lors de la remontée du matériel du quai à l’orphelinat, soit 1/4H à pied par le sentier.
 
Ce vol provoque en nous de l’agacement, de l’incompréhension et de l’intolérance. Il est inacceptable de détourner l’argent des donateurs pour lequel nous nous sommes portés garants.
C’est notre premier choc culturel face à des comportements institués, dans un pays où il est normal de voler tout ce qui peut l’être. Dans un pays où l’on ne mange pas à sa faim, où les enfants manquent de lait, où … chacun essaie de s’en sortir comme il peut.
 

Fort de cette expérience, nous organisons la logistique pour le déchargement des 2 autres bateaux.
Le matériel est acheminé dans la baleinière de l’orphelinat depuis le Port Morgan où nous sommes jusqu’au village de Madame Bernard.
Il est composé essentiellement de matériel nécessaire à la prévention ou au traitement du choléra : lait de bébé, langes, savons, javel, gants plastique, torchons, balais, seaux, bassines, poudre à lessiver, médicaments : perfusion, solution d’hydratation, antiseptique, anti-inflammatoire, antibiotique, …
Rassemblé dans de gros sacs, le matériel est transporté sur des échelles, dans des seaux et des bassines. La marche est groupée afin d’éviter toute dispersion et fuite du matériel.
La seconde opération est une réussite. Les 7 équipiers aident Marlène et Sœur Flora au rangement dans l’entrepôt et la pharmacie.
 
 
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jeudi 13 janvier 2011

Enfants de l'orphelinat

 
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Nous sommes à Haiti depuis une semaine

Nous vivons des choses très intenses depuis une semaine mais manquons de temps et de connections Internet pour les partager avec vous. Nous ne manquerons pas de le faire de façon détaillée dans les jours qui viennent.
En bref, la situation de la population est quasi désespérée, avec une disette voire famine qui s'installe. Le choléra n'est pas éradiqué et a déjà tué 100 personnes sur l'île.
Nous prenons toutes les précautions nécessaires mais passons beaucoup de temps avec les habitants et l'orphelinat: distributions massives de nourriture (riz), soins avec notre pharmacie, projets de développement avec les pêcheurs locaux (achat de casiers). Vos dons qui continuent à affluer (plus de 7000 € à ce jour)permettent de démultiplier les actions en faveur de l'orphelinat et de la population.
Ce dimanche, par exemple, distribution par nos soins pour 43 familles (232 personnes) de colis alimentaires.
Nous pouvons envisager un nouveau passage ici à notre retour de Cuba, l'ensemble des dons sera donc utilisé directement en faveur des populations.
Par exemple, 25 kilos de riz coûtent 20 dollars US et permettent à une famille de dix personnes de survivre 25 jours.
Les émotions et les responsabilités qui sont nôtres ici, nous poussent à faire encore davantage en faveur de la population.

Traversée Curacao - Haiti

Mercredi 05/01/2011
Départ de Curacao pour la plus longue traversée, à ce stade, de notre périple. 450 milles nautiques pour rejoindre l’île à Vache qui dépend d’Haiti. Les prévisions météo nous laissent entrevoir une fenêtre avec moins de vent (15 à 20 nœuds) mais aussi une houle résiduelle significative entre 2 et 4 mètres selon les modèles.
Mercredi 7h00 : nous longeons de près les côtes accores de Curacao vers le nord, aidés du moteur pour faire tourner le déssalinisateur. Le vent monte peu à peu et on envoie toute la toile. Dans le même temps, la houle se creuse et nos estomacs se tordent. Le bateau file, la nuit se passe bien. E

Jeudi 06/01/2011
En 24h00, nous avons parcouru 192 milles nautiques soit environ 360 kilomètres. Jusque midi, nous continuons d’avancer à un train d’enfer tandis que la trace du GPS nous démontre que la traversée est à moitié terminée.
A 12h00, le vent tombe complètement et la pétole nous oblige à lancer les moteurs contrairement à toutes les prévisions météo que nous avions consultées avant le départ.
Nous jetons l’ancre à Port Morgan, à l’île à Vache le vendredi 07/01 à la tombée de la nuit

 
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lundi 3 janvier 2011

Départ pour Haïti mercredi matin: le compte à rebours a commencé. MERCI à TOUS et TOUTES.

A ce jour, nous pouvons compter sur 5000€ répartis comme suit: 2000€ de médicaments et 3000€ de produits d'hygiène et alimentaires, soit plus d'1/2 tonne de matériel qui sera acheminé par 3 bateaux: D'Un B, Talabao et Kakao, destination l'orphelinat de l'île à Vache.
Un mail d'urgence nous est arrivé ce matin, étoffant la liste déjà longue du matériel souhaité, notamment en denrées alimentaires: lait bébé 1er et 2ème âge, pâtes, riz, farine, sucre, boîtes de légumes, viande et poisson.


Informés de notre passage sur l'île, l'association TI GREN LAVI - HAITI, dont les relais vivent sur place depuis plus de 10 ans, nous a demandé de leur apporter du gros matériel pour la construction d'une école aux Cayes.
Nous leur ferons parvenir 1 groupe électrogène, 1 scie circulaire de marque Bosch, 3 règles en aluminium de 2,3 et 4m, 1 échelle simple et 1 échelle alu 3 plans.

Une bonne fenêtre météo devrait nous permettre de prendre la mer ce mercredi matin pour 4 journées et 3 nuits de navigation.

Cependant, pour ceux-celles qui souhaitent encore soutenir financièrement l'opération, les dons récoltés dès aujourd'hui seront utilisés dans les commerces locaux dès notre arrivée.
Encore un tout GRAND MERCI à tous.
 
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